Olivier, 32 ans, est ambulancier à Toulouse

Tous les jours, je transportais des patients Covid”. Au plus fort de la crise, lui aussi  sur le front. Mais Olivier, ambulancier à Toulouse, ne sera pas remercié avec une “prime Covid”. Cette dernière est destinée aux soignants mobilisés pendant la crise du coronavirus. Les ambulanciers privés sont, eux, exclus de ce dispositif. Pour y avoir droit, plusieurs critères sont exigés.

“Le montant de la prime s’élève à 1 500 euros pour les professionnels des établissements situés dans les départements les plus touchés par l’épidémie, ceux impliqués dans un certain nombre d’établissements du reste du territoire et ceux relevant du ministère des armées et de l’Institution nationale des invalides ou 1 500 euros pour ceux des établissements des autres départements. Il y a une incohérence quant au versement de cette prime”, souligne le jeune homme de 32 ans.

“Pendant cette crise, plusieurs ambulanciers de ma société se sont portés volontaires pour aider les hôpitaux qui avaient besoin de transports Covid. J’en faisais partie”. Au mois de mars, Olivier effectuait trois gardes par semaine. “Ce que je ne comprends pas, c’est que les acteurs de la fonction publique ont demandés au secteur privé de les aider pendant cette crise, et maintenant on ne pense plus à nous”, déplore le jeune homme.

“On ne nous récompense pas, on ne nous remercie pas”. Contrairement aux ambulanciers privés, les professionnels du médico-social présents pendant la crise bénéficient d’une prime. Cette dernière est financée par l’Assurance maladie. “Pourquoi ça ne serait pas la même chose pour nous ? Parce qu’on a montré que pendant la crise, les personnels des Ehpad étaient au front, alors qu’on ne parle pas du tout des ambulanciers”, estime Olivier.

“Dans le privé, l’Etat encourage les chefs d’entreprise à verser une prime. Sauf que les chefs d’entreprise, compte tenu de la baisse d’activité pendant la crise, ne sont pas en mesure de la payer”, ajoute-t-il. Mais au-delà de l’aspect financier, l’ambulancier déplore surtout un manque de reconnaissance. “On nous considère comme des transporteurs. Mais nous ne sommes pas des taxis, on transporte des gens couchées, des gens malades.”

Même avec le Samu, il n’y avait aucun dialogue. C’est dommage. On ne nous récompense pas, on ne nous remercie pas. Nous faisons partie des grands oubliés de cette crise”, regrette le Toulousain.” – La dépêche

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